03 novembre 2011

Retour à la case départ


Déjà un mois que nous sommes à Graz! Trois semaines que nous avons emménagé dans notre chaleureux petit trois pièces. J'ai pas pu m'empêcher de faire quelques améliorations locatives que Deniz apprécie bien : corde à linge, tablettes, isolation... ça me tient occupé! On a déniché un lit dans une brocante. Il est tellement immense que je dois envoyé un message texte à Deniz pour la réveiller. Quand on s'endort collé, on occupe seulement le un huitième de la surface. Si sa tête à le malheur d'être enfoui sous l'édredon, ça vire en expédition pour la retrouver.
Nous avons été séparé l'un de l'autre pendant les deux dernières semaines. Deniz devait se rendre à Vienne pendant trois jours pour une rencontre liée à son travail et elle partait ensuite pour Ankara où elle devait aller passer son examen théorique de moto. J'ai bien essayé d'obtenir un billet d'avion à destination de Berlin dans les mêmes dates, mais je ne sais pas par l'entremise de quel flux intersidéral de conjoncture cosmique cela se produit, le prix du billet aller-retour Vienne / Berlin était soit le double du prix habituel la première semaine ou la moitié du prix habituel la deuxième semaine. Je n'arrive toujours pas à m'expliquer ce phénomène absurde qui entraîne une telle différence dans les tarifs.

Mis à part la rencontre des grands cons de ce monde pour « régler » la crise de l'euro, et je ne crois pas que la liaison Vienne / Berlin soit sur leur itinéraire, il n'y avait rien de particulier dans l'univers pour justifier un écart pareil. J'ai donc dû repousser ma visite dans la capitale germanique d'une semaine.
Me suis sentis tout drôle de me retrouver à Berlin quinze mois plus tard, après avoir parcouru plus de 45 000 kilomètres, retour à la case départ ou presque. Une immense boucle! 

Vous vous souvenez peut-être du début de mon voyage? Ben j'ai eu un méga flashback quand j'ai remis les pieds dans l'appartement de Conny, la copine d'Andy, pour y passer la semaine. Son petit logis est situé dans le quartier Turc de Berlin. Pas besoin de vous dire que j'y étais très à l'aise. J'ai fait mon smat en sortant mes seize mots de vocabulaire turc dans tous les restos que j'ai visités. J'avais un grand sourire collé dans la face au plaisir de savourer encore à cette délicieuse cuisine. Andy et Conny m'ont d'abord trimbalé au bazar du samedi avant d'aller faire une escapade dominicale dans la campagne allemande à la cueillette de champignons, par une magnifique journée automnale toute en couleurs.

Le reste de la semaine m'a semblé un peu gris et froid, sans ma douce pour partager les splendeurs berlinoises que je revoyais avec nostalgie.
De son côté, à son retour d'Ankara, Deniz en a profité pour présenter une demande de visa à l'ambassade du Canada à Vienne. Armée de tous les documents possibles et nécessaires à cette pénible démarche, l'opération séduction a magnifiquement bien fonctionné. Si bien que le préposé a lui-même proposé de lui renvoyer le tout directement chez-nous, à Graz. Pas même besoin de retourner à Vienne! Presque dommage...les route ici sont tout simplement magnifiques. Jugez par vous-même!


Et oui! Si vous avez bien lu vous aurez compris que Deniz et moi allons faire une petite excursion dans mon pays natal, voir la famille, lui présenter ma maman, ma fille, ma sœur, Stepen Harper (lol) et tous les amis(es) que nous pourrons rencontrer dans le temps des Fêtes. Tant qu'à passer la période des Fêtes dans un pays froid et enneigé, j'me suis dit que le Québec, c'est encore ce qui se fait de mieux! Ski, patin, glissade, sirop d'érable et tartes au sucre, un petit ragoût de pattes, si maman veut bien en mijoter un...
Alors avis à tout ceux qui auraient envie de faire connaissance avec Deniz, ou de me revoir la binette le temps d'un thé, d'entendre les récits fabuleux de nos aventures, de discuter de nos projets futurs, de notre prochaine épopée à travers les steppes russes, de partager simplement un moment en notre compagnie et bien nous en serons ravi! Nous débarquons à Montréal le 12 décembre et n'en repartirons que le 8 janvier 2012. Nous avons déjà plusieurs activités au programme alors faites nous connaître votre disponibilité au plus tôt...  

12 octobre 2011

Changement de décor


Avant de quitter Ankara Deniz et moi avons fait le tour de nos endroits préférés : le hammam bien entendu, visité tous les amis(es), vu à toutes les formalités possibles et même rencontrer de nouveaux amis motards. Quand Deniz a eu besoin d'un certificat médical, nous avons eu le plaisir de faire la connaissance de Nazim, gentil médecin et membre actif du club de moto d'Ankara (à majorité BMW). J'ai reluqué sa moto garée devant la clinique, il est sorti reluquer la mienne : cinq minutes plus tard Deniz avait son certificat médical et nous avions aussi une invitation à nous joindre au souper hebdomadaire du club.
Murat, Deniz et des amis
Chaque soirée avant notre départ étant consacrée à un souper amical, le grand au revoir devenait une question de poids : vivement le régime frugal de la route.
Deniz avait accepté l'invitation d'un groupe des Pays-Bas à un atelier-rencontre juste avant la date fixée pour le départ de notre randonnée à travers les Balkans jusqu'en Autriche. Pendant qu'elle participait aux activités là-bas je découvrais encore d'autres coins merveilleux aux alentours d'Istanbul en compagnie d'Ebru, sympathique Couchsurfer, une hôte d'une générosité touchante. J'ai pu visiter les îles du Prince ainsi que la côte européenne de la mer Noire, en attendant le retour de ma douce. Notre dernier jour à Istanbul, dernier jour en sol Turc, fut un rallye à travers la ville, occupé à passer un dernier moment en compagnie de tous mes amis et la plupart des siens. Déjeuner, dîner, souper, entre-coupé de thé, de café, et toujours en excellente compagnie, des au revoir parfois émouvants, la soirée c'est terminée par un doux concert de musique soufi dans l’ambiance feutrée d'un café chaleureux.
En arrivant à Meteora
Nous avions planifié de faire une première escale à Lagos, minuscule village Grec sis sur un minuscule bras de terre séparant un grand lac d'eau salé de la mer d'Égée. La traversée du petit poste frontière fut simple, rapide et courtoise et nous avons bifurqué immédiatement sur la petite route qui longe la côte et serpente entre les petits villages. Panorama de fin du jour aux allures de film mélo-dramatique, la ballade s'annonce grandiose, on se croirait dans Zorba le Grec. Lagos donnait l'impression de vouloir s'éteindre tellement les quelques habitants restants finissaient de souffler sur l'été qui prend fin. Les deux seuls resto du village encore ouvert s'arrachaient tièdement notre clientèle, comme deux voisins un peu las d'une vieille guerre.
Au matin on quitte Lagos à la recherche d'un petit déjeuner convenable quand, à peine quelques kilomètres de parcouru, l'eau se met à tomber du ciel, recouvert d'un grand tapis gris foncé, comme si l'automne s'était levé en même temps que nous. 
Plus nous avancions, plus la pluie se faisait intense. À un point tel que nous dûmes changer notre objectif du jour qui était de se rendre jusqu'à Meteora. Nous fîmes donc étape à Thessaloniki. Deniz était transie et trempée, moi un peu humide mais très heureux de fermer le robinet de la douche froide pour d'ouvrir celui de la chaude d'une douillette chambre d'hôtel.

Nous avons repris la route le lendemain en jouant au chat avec les moutons célestes qui s'égaraient dans un ciel percé par les montagnes, qui elle n'en finissaient plus de tourner en montant. Les traversées de chaîne de montagnes sont chaque fois un plaisir motocycliste indicible. Les suites de virages interminables, dans un sens comme dans l'autre, procure une sensation semblable à un manège de parc d'amusement, particulièrement quand on arrive aux sommets et qu'on s’aperçoit de la hauteur à laquelle on est rendu. L'air froid aussi nous le rappelle!
Et nous redescendîmes aux creux de la vallée de Meteora en début d'après-midi par un soleil radieux. Ces gigantesques pics rocheux sur lesquels, jadis, des communautés religieuses ont réussi à édifier d'austères monastères, qui semblent avoir été sculpté à même le roc, sont tout simplement fabuleux! 
Tellement que nous y sommes restés un jour de plus, à randonner, à escalader, à se pâmer devant la splendeur de ces merveilles. La région n'était pas sans rappeler la Cappadoce turque, l’accueille en moins... Je dois avouer que de ce côté-là, il n'y a pas de comparaison possible!
Austère monastère
La prochaine étape consistait à se rendre jusqu'à Tiranë, la capitale de l'Albanie sise à son extrémité nord, et s'annonçait plutôt fastidieuse.
Sur la route de Tiranë
Ce fut une des plus belles randonnées que j'ai fait jusqu'à présent pendant la première moitié du trajet. Longeant la mer Adriatique dans un magnifique lacet de route à flanc de montagnes, à partir de Vlorë, le charme de la côte a fait place à un chaos routier interminable. Alternant entre chantiers, sections d'autoroutes, passant au travers de petites villes poussiéreuses, nous avons mis près de quatre heures à parcourir les 150 km menant à la porte de Gianluca, le seul Couchsurfer italien de toute l'Albanie qui avait gentiment accepté de nous héberger. Le temps d'échanger nos histoires respectives devant un repas typiquement albanais, nous avons vite sombré dans un profond sommeil, à deux sur l'étroit divan, exténué par cette fin de chevauché aux allures de rallye.
La vieille ville de Dubrovnik
Les recherches effectuées sur notre prochaine destination n'étaient pas très encourageantes : Dubrovnik nous était décrite comme une destination magnifique mais hautement avilis par le tourisme de masse.
Dubrovnik le soir venu

Sans doute que septembre et le retour aux activités normales des vacanciers y était pour quelque chose, mais la ville avait sorti tous ses charmes et nous a tout simplement subjugué. Le sympathique croate qui louait de petits appartements bien aménagés, situés au dessus de la vieille ville et nous offrant une vue imprenable à partir de la terrasse, tout était là pour nous séduire complètement. Après l'aride Tiranë albanaise, les berges rocheuses de l'Adriatique étaient plus qu'invitantes.
En pleine ville, sublime...
L'après-midi passé à lézarder sur les plate-formes coulées à même la roche, entre deux plongeons dans la mer limpide et la ballade de fin de soirée dans les étroites ruelles moyenâgeuses, c'était d'un romantisme! On s'y serait volontiers arrêté une toute petite éternité... Mais les nouveaux amoureux que nous sommes avions rendez-vous avec d'autres paradis croates. Parce que toute la côte croate de la mer Adriatique ressemble étrangement à sa cousine d’azur française (en mieux?). En partant de Dubrovnik la route qui longe la mer est un sublime spectacle en soi. On ne se lasse pas de l'interminable serpentin qui suit les escarpements montagneux, nous laissant admirer les îles innombrables justes de l'autre côté. C'est à peine si nous avons remarqué que nous avions aussi traversé, pendant quinze minuscules kilomètres, la portion littorale de la Bosnie-Herzégovine. N'eut été des douaniers qui ont jeté un œil affable sur nos passeport, on aurait pas fait la différence.
Monténégro
L'étape suivante s'appelait Split. Comme Dubrovnik, Split et son antique forteresse font partie du patrimoine mondial de l'UNESCO et s'avère autant sinon plus achalandé que l'autre. Les tarifs hôteliers , un peu surfait, nous ont convaincu de ne pas nous y attarder plus qu'une nuitée. Malgré l'agréable promenade piétonnière intégrée au port, nous sommes restés divisés... En partant de Split nous avions Zadar comme dans la mire. Nous ne nous y sommes jamais rendu. Pour la bonne raison qu'une fois arrivé près de Vodice, dévié de notre route par un barrage policier dût à un incendie de forêt, nous avons quitté la route principale pour rouler sur le chemin longeant le rivage d'un petit hameau qui nous a complètement séduit. 
Il faut bien partir...
Tellement qu'après avoir trouvé une jolie chambre et nous être jeté à la mer, nous avons eut tôt fait d'avertir que nous souhaitions prolonger notre séjour. Le 29 septembre au matin, nous plongions encore dans les eaux calmes, turquoises, fraîches et salées de cette mer si invitante. La maman de nos hôtes, âgée de 88 ans, les cheveux d'argent, n'en finissait plus de nous traiter comme ses petits enfants, à grands coups de sourires édentés, nous offrant sa plage comme un gage de bonheur.
À partir de Zadar, l’autoroute s'enfonçait au travers des montagnes, plongeant dans des tunnels parfois longs de 4 ou 5 kilomètres, nous menant inexorablement vers l'automne et Zagreb, la capitale.
Plongeon dans la montagne
Nous nous sommes bien promis d'y revenir à Zagreb. Surtout qu'une fois rendu à Graz, en Autriche, notre nouveau « chez-nous », on n'a qu'à faire un saut à travers la Slovénie, 160 petits kilomètres! Tout juste le trajet de Montréal à Victoriaville, mais en plus joli.
Graz

Et nous voilà arrivé à Graz, le temps d'y passer deux saisons. Graz est splendidement autrichienne, peuplée de seulement 250 000 âmes, ville très avant-gardiste, où le vieux charme européen courtise le modernisme, où le vélo tient le haut du pavé sur la voie publique, où les 40 000 étudiants des trois universités insufflent un air jeune et vivant à cette modeste métropole, bref, là où l'hiver s'annonce plutôt agréable.
Depuis notre arrivée Marina et Simon, des amis de Deniz, s'occupent très bien de nous. Le lendemain de notre arrivée, ils nous traînaient gravir une montagne toute proche, par une journée extraordinairement belle et chaude pour un 2 octobre. Marina est une artiste accomplie et fut d'une efficacité redoutable pour nous aider à trouver un logement, des amis(es), toutes sortes d'activités et les meilleures brocantes de la ville. Tous les collègues de Deniz font aussi des pieds et des mains pour nous dénicher ce qui est nécessaire afin de nous installer ici quelques mois. Ils sont d'une gentillesse et d'une célérité peu commune. Nous sommes déjà tous deux équipés de l'obligatoire vélo.
Marina et Simon sur la montagne

Nous avons déniché la perle rare pour ce qui est du logis : un magnifique trois pièces complètement meublé style années 70-80, situé en face de la seule montagne du centre-ville de Graz, à dix minutes à pieds du boulot de Deniz, inondé de lumière et si tranquille, bien que tout-à-côté du centre-ville historique. Tous les amis qui ont visité sont fort étonné que nous ayons trouvé si vite, si bien et pour si peu. C'est que c'est la rentrée ici! Avec tous ces étudiants qui cherchent aussi. Nous sommes, encore une fois, les témoins et les acteurs d'une surprenante synchronicité, d'une incessante générosité de la vie nous offrant très exactement le nécessaire et bien souvent plus.
Deniz devant notre porte d'entrée... on peut rêver non?
Alors on a même une chambre d'ami pour inviter confortablement ceux qui auraient envie de nous rendre visite : un petit séjour en Autriche en hiver quelqu'un?
On vous attend tous !!!



13 septembre 2011

Turqueries en vrac


Quatre mois en Turquie déjà! Je commence à me sentir un peu plus Turc que Canadien. Mon vocabulaire turc s'améliore rapidement, dû aux leçons particulières et intimes de Deniz : on apprend vite avec la tête sur l'oreiller...
Je commence aussi à avoir saisi certaines façons de faire typiquement Turc. Ici, la notion de protection du consommateur est inexistante. On va vous vendre absolument tout ce que vous voulez, mais assurez-vous d'avoir exactement ce dont vous avez besoin parce qu'une fois que vous avez payé, impossible de se faire rembourser. Même, que dis-je, surtout avec les grandes entreprises. J'ai chèrement payé ma première expérience téléphonique avec VODAFONE. 
Tout a mal commencé quand ce « gentil » Turc m'a proposé de « m'aider » au moment ou je suis entré en Turquie, à Iskenderun en avril. Bien qu'il ait réussi à m'obtenir une carte SIM avec connexion internet sans avoir besoin de mon passeport, ça n'a pas duré longtemps. Même après avoir expliqué en long et en large aux différents préposés, gérants et autre personnel incompétent, avec l'assistance d'autres amis Turcs vraiment bienveillant ceux-là, j'ai bien faillit perdre mon sang froid dans une boutique VODAFONE de Izmir. Sur le point de faire intervenir la police pour escroquerie, j'ai soudainement repris connaissance en me disant que ma sérénité valait bien les £200 TL que j'avais déjà dépensé chez eux jusqu'à présent. VODAFONE est une grosse multinationale de la téléphonie britannique qui me rappelle étrangement une Bell du Canada. À cause du terrorisme potentiel les autorités turques sont hyper procédurières en ce qui concerne la téléphonie. J'ai donc refilé ma carte SIM VODAFONE acquise par « l'ami » d'Iskenderun, à un type très louche rencontré dans les bas fonds d'Istanbul en lui souhaitant de grands succès dans toutes ses entreprises! 
Technique de remorquage Turc
Vous vous demandez sans doute ce que je faisais dans les bas fonds d'Istanbul? Et bien figurez-vous qu'après avoir garé ma Marseillaise à côté de dix autres motos sur Taksim square, grande place au bout de la rue piétonnière Istiklal, et être allé savourer un succulent repas en compagnie de mon amoureuse, j'ai trouvé la grande place vidée de tout ce qui avait deux roues. Après avoir demandé aux patibulaires policiers, « éffouèrés » dans une quatre roues sur la même grande place, ce qu'il était advenu de ma distinguée française déguisée en allemande, j'ai appris qu'elle était en téléportation vers une vulgaire fourrière. J'ai eu beau insister qu'il n'y avait pas de panneau interdisant cette pratique du stationnement sauvage, on m'a répondu avec un immense sourire « C'est ça la Turquie! ». La-dite fourrière était sise dans un quartier malfamé et nous y arrivâmes au moment même ou le technicien de la remorqueuse la tenait suspendue au bout d'un bras articulé et s'apprêtait à la déposer parterre. M'en suis tiré pour £75 TL. Ça compensait pour toutes les fois ou je pratique le stationnement sauvage (n'importe quel trottoir ou espace pas nécessairement prévu à cet effet).
En plein coeur de la Turquie
En Turquie on mange Turc. Vous me direz « Ça va de soi! », mais je veux dire qu'on mange ce qui pousse ici, ce qui vit ici, ce qui est produit ici. Mis à part quelques rares petits produits importés, on trouve très peu d'aliments provenants d'autres pays sur les tablettes des marchés, sauf bien sûr si on va dans un méga supermarché. 
Le meilleur petit-déjeuner!
Même chose du côté restauration : on trouve bien de temps en temps un resto italien qui parvient à survivre mais LE resto chinois d'Ankara n'en avait que l'apparence, jusqu'aux serveurs qui étaient assez typiquement turcs, c'est tout juste s'ils ne portaient pas le fez. Les sushis sont « trendy », mais rares, très rares, et exorbitants. Même dans les grandes et grosses surfaces les fruits et légumes se limitent à la production locale. Les Camenbert et Brie français y sont introuvables! Par contre, elle est extraordinaire cette production locale! Du thé, des oranges, des abricots, à peu près toutes les sortes de noix imaginables, la variété du climat et de la géographie sont telles qu'ils arrivent à faire pousser à peu près n'importe quoi. L'ouest turc génère les trois quarts de l'huile d'olive « Grec » que vous achetez, par le même procédé que l'huile italienne qui provient de la Tunisie. Le yogourt se décline ici dans une multitude de textures et de saveurs toutes aussi délectables les unes que les autres, servit à toutes les sauces, ou nature selon votre degré de gourmandise. Question gourmandise, ceux d'entre vous qui ont la dent sucrée seraient subjugués par la panoplie de baklava qui se pavanent dans les vitrines, lequel, soit dit en passant, serait une création Turque et non pas Grec, mais ce débat-ci dure depuis des temps immémoriaux ...

Nous nous apprêtons donc à quitter Ankara, et la Turquie ensuite, pour traverser les pays des Balkans et nous rendre jusqu'à Graz, en Autriche, là où nous nous installerons pour passer l'hiver qui vient. 

J'ai parfois un peu l'impression de quitter encore la « maison » tellement j'ai passé de temps ici, tellement je m'y suis senti chez moi, accueillit comme nul part ailleurs. J'ai comme l'idée que j'y reviendrai encore et encore dans ce pays totalement envoûtant. N'est-ce pas ici que toutes les routes se croisent, que l'occident frôle l'orient, séparé seulment par un étroit canal ? Que les cultures s'entrecroisent depuis la nuit des temps?
L'appel à la prière du matin qui résonne à travers toutes les villes ne me réveille plus, le thé, pris à tout moment, est devenu un essentiel de mon quotidien, et j'ai même la sensation que c'est mon père qui prend soin de moi quand le moustachu d'office me fait le kese et le massage au hammam hebdomadaire.
C'est sans doute signe qu'il est temps pour moi de reprendre la route ... et d'aller voir de quoi sont fait ses autrichiens, qui ont aussi eu leur moment de gloire avec Sissi, l'impératrice qui y a toujours un palais.
Auf Wiedersehen

17 août 2011

Les hammams


Venir en Turquie sans tenter l'expérience du hammam, ce serait comme d'aller au Canada sans goûter au sirop d'érable, ou en Italie sans manger des pâtes : impensable! J'ai voulu, pendant mon séjour ici, savourer cette pratique partout où c'était possible et je veux aujourd'hui vous partager mon expérience dans les différentes villes que j'ai visité, les installations et les services offerts variant grandement.
Commençons par la petite histoire : Dans sa forme actuelle, le hammam s'est développé dans l'empire ottoman, des pays du Maghreb jusqu'au Moyen-Orient (comme en Syrie) à la faveur de l'expansion de l'Islam. Le hammam fut en effet adapté aux préceptes de la religion musulmane qui préconise une hygiène méticuleuse et des ablutions régulières notamment avant les prières rituelles. Sa pratique a très certainement contribué à éviter dans cette partie du monde les épidémies de peste qui ont sévit en Europe à différentes époques.

Au fil, donc, de mes pérégrinations j'ai pu visiter des hammams de toutes catégories. Plusieurs ont été rénové avec succès, mais même ceux qui n'ont pas subit de cure de rajeunissement sont très « propres », malgré leur air vieillot, qui souvent, ajoute au charme de l'expérience.
Les hammams sont presque toujours situés aux alentours des mosquées, dans un petit recoin discret, presque caché.
Tous les hammams turcs, sans exception, sont recouverts du plus beau marbre blanc. Ne serait-ce que pour leur architecture, la visite d'un hammam nous donne l'impression d'entrer dans un temple.
À l'entrée, on nous assigne une cabine privé verrouillable où l'on pourra se dévêtir, équipé d'un petit lit où l'on pourra relaxer en sortant du « bain ».
Les hammams sont pourvus d'une salle principale au centre de laquelle trône une grande dalle de marbre qui devrait être chauffée. On peut s'y étendre à tout moment. La température de la salle y est généralement autour de 40°C. Un bon hammam aura une salle vapeur ET un sauna sec de type scandinave, certains étant aussi équipé d'un bain d'eau froide où on pourra plonger de temps en temps pour faire baisser notre température à un niveau tolérable et nous permettre de faire durer l'expérience. On peut, sinon, utiliser les ablutions en s'assoyant près d'une bassine de marbre munie de robinets nous permettant de contrôler la température de l'eau.
Après avoir musarder d'une salle à l'autre, et relaxer pendant une bonne heure, vient le moment des traitements supplémentaires; je vous recommande vivement de faire patienter les préposés empressés à vous prodiguer leurs soins, leur bienfaits étant plus appréciable à la fin du traitement. On commence par un « peeling ». Ici, on vous frotte avec un gant abrasif noir, qui vous décape de la peau « morte » qui recouvre le corps du fait qu'elle se régénère continuellement. La quantité de peau qui s'en détache est absolument phénoménale! À éviter, par contre, si vous avez pris un coup de soleil. Vient ensuite le massage au savon. À cette étape-ci, votre préposé vous infligera une douce torture, donnant l'impression de n'être qu'une pâte à pain pétrie avant d'aller au four. Ils utilisent pour ce faire du pur savon à l'huile d'olive qu'ils font mousser généreusement, pour ensuite vous rincer abondamment avant de vous envoyer sous la douche. Les préposés ne sont pas des maîtres en massage thérapeutique, mais ils savent très bien trouver les points sensibles de votre anatomie. Ils manipulent aussi eux-même votre pudique serviette pour leur permettre de vous traiter efficacement, sans gêne.
Au sortir du bain vous serez emmitouflé dans d'épaisses serviettes de la tête aux pieds, et inviter à déguster un breuvage de votre choix: une eau minérale gazéifiée et citronnée est appropriée pour rafraîchir et contribue à un apport de minéraux bénéfique après avoir suer autant, le thé est aussi très recommandable. Certains endroits offrent aussi des jus de fruits frais délicieux.
Les hammams situés dans les villes plus « touristiques » sont généralement décevants et plus dispendieux. Il y manque souvent la salle vapeur et la dalle centrale est plutôt tiède. Ce sont par contre les seuls permettant la fréquentation mixte, hommes et femmes, en même temps. Habituellement, soit il y a un hammam différent pour les femmes, soit il y a des heures ou des jours spécifiques où seul les femmes y sont admises.
Mes hammams préférés sont dans les villes de Mersin, Eskisehir et Ankara. Des endroits impeccables , des installations sublimes et des services attentionnés, pour une somme dérisoire : pour moins de £40 TLY (livres turques) ($25 CAD) tout inclus, massage, peeling et breuvages, j'ai eu la sensation de sortir de là tellement propre, léger et complètement béat...
J'ai aussi payé le double à Istanbul, dans un lieu supposément mythique, pour une bien piètre prestation. Il est assez difficile de trouver des masseurs(euses) thérapeutiques qualifiés en Turquie, alors ne vous attendez pas à quelque chose de sophistiqué de ce côté-là.
Ma nouvelle amoureuse trouve que j'ai la peau très douce. J'me fait donc un devoir de ne pas la décevoir et je fréquente assidument ces lieux magnifiques et bienfaiteurs, pour mon plus grand plaisir, et le sien bien entendu...
Ne manquez pas d'essayer ça quand vous en aurez l'occasion!


03 août 2011

Si belle la Turquie!



Il y a de ces rencontres qui arrivent comme un accident! VADABOOM! En plein cœur! Le choc nous laisse pantois pendant une période plus ou moins longue. Comme si une poutre de béton s’effondrait soudainement sur la route ;-). Et puis toutes sortes d'évènements se mettent à se bousculer au portillon et alors les petits plans sont complètement chambardés!
Patrick et moi avions décidé d'envoyer quelques demandes pour être hébergé chez un/une hôte CouchSurfer, le temps que l'ambassade d'Iran nous délivre les visas pour visiter leur beau pays. Plusieurs réponses positives et nous voilà à devoir faire un choix entre trois personnes qui semblent, à prime abord, tout aussi accueillantes les unes que les autres. Nous avons opté pour Deniz sans trop savoir pourquoi... Nous avons franchit sa porte en début d'après-midi et il faisait déjà 34°C à Ankara : pour moi la température est montée à 50° d'un coup! Deniz nous propose d’emblée d'aller faire une ballade de moto hors de la ville pour se rafraîchir un peu. À peine à une trentaine de kilomètres de la ville Patrick ne suit plus. Je roule lentement pendant un temps et quand je finis par m'arrêter, j'ai un message me disant qu'il retourne nous attendre à Ankara, qu'il a un malaise, vertiges, pas d'équilibre, conséquences d'une vieille « blessure ».
Deniz et moi poursuivîmes donc la route jusqu'à Beypazari, un petit village pittoresque au début des montagnes, à une centaine de kilomètres d'Ankara. Surpris et rafraîchit par un petit orage dont nous pouvions voir les éclairs s'approcher, nous nous sommes arrêtés dans un petit resto pittoresque de la vieille ville. Le temps aussi s'est soudainement arrêté. Nos conversations étaient tout de suite sincères, celles de deux amis de longues dates, animées de découvertes mutuelles passionnantes. En bref, une intense connexion venait de s'établir, relié comme deux pylônes d'une ligne de haute tension. C'est quand le soleil est revenu que nous avons réalisé que la pluie avait cessée depuis un bon moment déjà et que nous avions à peine le temps de rentrer à Ankara avant la noirceur, où Patrick nous attendait impatiemment.
Ce soir-là Patrick m'annonce qu'il ne partira plus avec moi : ses problèmes d'équilibre sont liés à son oreille interne qui fut endommagée dans le passé et qui rendent pour lui cette aventure impensable compte tenu des conditions routières à affronter dans certains des pays à traverser. Sans oublier de mentionner le fait que le Pakistan refuse net, pour l'instant, d'accorder des visas, même pour transiter.
Notre périple à deux s'arrête là! Il est reparti souffler un peu vers la mer Noire, à l'écart de la ville pour y attendre sa compagne avec qui il avait déjà planifié des vacances en Turquie.
Pour Deniz comme pour moi, notre rencontre était troublante, très troublante, à la façon d'un face à face à 150 km/h, un grand choc. D'un commun accord nous avons choisit de nous allouer un temps de réflexion. Mon visa pour l'Iran n'étant pas prêt avant le vendredi, j'ai mis Caliméro dans ma poche et enfourché ma Marseillaise vers une destination inconnue, roulé sauvagement à travers les montagnes, dans la boue au creux de rivières presque assèchées, à toute vitesse dans les plaines désertiques, pour ne pas sentir le tremblement intérieur à 25 sur l'échelle Richter.
J'ai abouti dans une auberge bucolique, à Safranbolu, où la tenancière m'a accueillit comme si nous avions été amis depuis de nombreuses années. J'étais épuisé, exténué. Son magnifique jardin était comme un havre de paix, son invitation à partager son repas, un autre témoignage de générosité spontanée. J'ai dormi dans la chambre confortable comme une pierre qu'on jette au fond de l'eau et qui n'en émergera que dans des siècles.

J'en ai profité pour faire quelques demandes d'hébergements sur CouchSurfer et au midi, avant de quitter Safranbolu, j'avais deux invitations : chez Sena et Grego, jeune couple très attachant et sympa comme ça se peut pas, une autre de Bengül, jeune femme dynamique avec qui j'ai passé la soirée en compagnie de ses amis(es) en assistant à un concert de jazz en plein air, avant d'aller chez Sena et Grego. Mes secousses s'estompaient doucement. Vendredi avant-midi j'avais dans mon passeport un visa me permettant d'aller visiter l'Iran pendant un mois.
Et tout à coup BAMMM! Un message de Deniz m'invitant à la revoir. Attablé dans un café ombragé, j'ai la gorge sèche, les yeux humides, les mains moites et elle me remet un petit mot qui ouvre entre nous un univers entier de possibilités, sème des haricots magiques dans mon cœur chambranlant.

Elle, a des plans, des obligations, il y a la vie qui continue. J'ai aussi des deadlines à respecter envers les autorités Turques : je suis en sol Ottoman depuis trois mois et je dois impérativement sortir du pays d'ici trois jours pour pouvoir renouveler mon droit de séjour. Elle doit se rendre à Istanbul pour une semaine afin d'y rencontrer sa famille, ses amis(es). On a fait un très long détour par des routes panoramiques pour se rendre jusqu'à Yalova prendre le traversier vers la rive européenne d'Istanbul, au coucher du soleil, sur la mer de Maramara. Plus romantique que ça, c'est dans des films qu'on voit ça...
Son compréhensif cousin Çoskun, un fervent amateur de moto, nous hébergera pour la semaine, mais je dois d'abord faire un saut hors des frontières. J'ai choisi la Bulgarie, en me disant que le poste frontière doit y être plutôt tranquille et qu'une nuit sur les rives de la mer Noires Bulgare serait des plus rafraîchissante.
J'ai littéralement avalé la superbe route des deux côtés de la frontière et le village de Tsarevo était absolument parfait pour une nuitée agréable. À une cinquantaine de kilomètres de la frontière Turque, au bout d'une petite route sinueuse couverte par les arbres, j'ai trouvé une chambre à quelques encablures de la mer, dans une communauté animée par les activités familiales estivales.
J'ai obtenu facilement et rapidement un nouveau visa de trois mois en repassant au même poste frontière que la veille, voir avec une certaine familiarité envers les douaniers.
J'étais pressé de revenir à Istanbul retrouver Deniz et nous ne nous sommes plus quitté d'une bobette depuis. Nous avons mis deux jours à revenir à Ankara en s'égarant sur les rivages spectaculaires mais bondés de la mer Noire.
Deniz, avant mon arrivée dans son décor, s'acharnait à terminer sa deuxième maîtrise, en philosophie celle-ci, sur la physique environnementale plus particulièrement. Elle s'apprêtait aussi à quitter Ankara et la Turquie afin d'aller remplir un engagement pour un ONG en Autriche, à titre de coordonnatrice volontaire rémunérée.
Et moi dans tout ça? Et bien je suis très amoureux et j'ai follement envie d'en profiter aussi longtemps que ça durera, de savourer ce présent de la vie qu'est l'amour, même au risque de souffrir plus tard.
Je n'ai pour l'instant qu'un visa me permettant de me rendre jusqu'en Iran avant de me cogner le nez sur les portes du Pakistan. Je dois donc envisager un itinéraire différent, d'autres moyen de nous rendre en Asie du Sud-Est. Je dis « nous » rendre parce que Deniz accepte/souhaite/désire poursuivre la route avec moi après avoir rempli ses engagements en Autriche. Ce qui nous donne amplement le temps de regarder toutes les options possibles tout en passant quelques mois en Europe à visiter nos amis(es) respectifs, éparpillés un peu partout dans les vieux pays. Pas du tout désagréable comme programme! J'en profiterai aussi pour me refamiliariser avec mes aptitudes à « Louer un mari », utilisant cette fois tout mon potentiel, me dévouant corps et âmes à cette entreprise...
En attendant de partir pour l'Autriche, je déguste les avantages d'être l'homme au foyer, je renoue avec la joie de cuisiner, aux plus grands plaisirs de Deniz qui peut se consacrer à sa tâche. J'ai aussi trouvé à Ankara le meilleur hammam de Turquie auquel je rend de fréquentes visites. Mes leçons particulières de Turc ont commencé. J'en serai donc très bientôt à ma quatrième langue.
N'ayez crainte, mon aventure ne s'arrête pas ici, elle ne fait que prendre un tournant inattendu. Mais n'est-ce pas là le propre de cette vie, de surprendre?

17 juillet 2011

Le Colonel Jacquet

Déjà deux semaine que Lili Rose est repartie à Montréal, toute seule, comme une grande fille. Pour instaurer une nouvelle tradition quand elle voyage, son avion a manqué la liaison à Paris.
La reconnaissez-vous?
Elle a donc été contrainte de passer une nuit à Walt Disney, Paris. La fois précédente, c'était à Casablanca, bien que Walt Disney n'y est pas encore installé. Va déjà falloir prévoir pour la prochaine visite, sauf que pour l'instant j'ai aucune idée de où je serai rendu...on verra dans le temps comme dans le temps. Si je suis en Inde ou en Thaïlande, l'escale logique serait à Tokyo. C'est beau Tokyo à ce qu'on dit. Y a parfois des tsunamis à voir. Et s'en suit toutes sortes de catastrophes nucléiques. Ce qui finit par faire se rapprocher les gens, les amènent à un éveil de la conscience aigüe, comme un accent de conscience.
La péninsule
À Sinop, on a passé deux jours sur cette petite péninsule qui s'avance assez dans la mer pour qu'une petite ville s'y soit installé il y a de cela très très longtemps. Du côté des vents dominants, la mer y est constamment déchaînée, au point ou les habitants ont dû faire des brises lames pour préserver les déjà ruines des anciennes murailles de la forteresse de s'effondrer. Le spectacle au coucher de soleil était magnifiques. Chaque moment partagé avec Lili Rose durant les deux dernières semaines de notre périple ont été semblable à un délicieux dessert qu'on savoure doucement, pour en garder encore un peu. Vous savez, quand on prend de toutes petites bouchées pour faire durer le plaisir le plus longtemps possible?
En parcourant la route qui longe la mer Noire, nous nous sommes encore extasiés devant les paysages sublime.
Sinop au coucher du soleil
Nous avons aussi fait une étape à Amasra avant de rentrer « à la maison », chez Bashar à Istanbul.
Au palais des Sultans
Nos derniers jours à Istanbul, on les a consacré au célèbre palais Topkapi, résidence des derniers Sultans et de leurs harems, à la visite de quelques galeries d'art sur la rue grande Iskitlal et au cinéma : ma dernière séance datait de Marseille,si loin déjà! Même s'il jure vouloir aller au Canada bientôt, on a voulu faire goûter à Bashar, notre hôte à Istanbul, à la gastronomie Québécoise : un pâté chinois. Y a juste du maïs en crème qu'on a pas trouver. J'ai eut une petite nostalgie pour un court instant. Fais que j'ai pensé à revenu Canada... Quand je m’ennuie presque, je pense à revenu Québec : encore plus efficace!
Istanbul et le Bosphore vus du café Pierre Loti
Quand le moment est venu pour Lili Rose de partir, j'ai moins brailler que la fois précédente, comme si mon cœur accepte mieux cette séparation que je sais maintenant temporaire. Et, après un an de voyage, je commence à être entraîné aux séparations. Mais celle-là est toujours un peu plus difficile.Pour mon voyanniversaire j'attendais une surprise de taille. Elle mesure bien cinq pieds onze (1m 80), la surprise, et s'appelle Patrick. Il m'a demandé de se joindre à moi pour la prochaine étape du voyage. C'est un français (hélas, on ne choisit pas... :), qui vit en Suisse depuis quelques années. Il se déplace sur une DL 650 Vstorm de Suzuki, et est un ami de Bill et Bob. C'est donc un changement majeur dans ma routine et je n'en mesure pas encore toute la portée. Nous aurons, sans aucun doute, une période d’adaptation, mais nous avons déjà beaucoup en commun.
La luxueuse résidence de Bashar
Entre le départ de Lili Rose et l'arrivée de Patrick, j'ai pris le temps de rafistoler ou remplacer certaines pièces d'équipement brisées ou défectueuses. On trouve de tout à Istanbul si on a un Bashar pour nous indiquer où aller chercher. J'ai aussi profité pleinement de sa luxueuse hospitalité et de sa famille. Bashar est devenu un véritable ami pour moi. J'espère pouvoir lui rendre la pareille un jour.
Quand Patrick est arrivé, nous avons convenu de nous rendre le plus tôt possible à Ankara afin d'y faire les demandes de visas nécessaires pour entamer notre expédition vers l'Inde, à commencer par l'Iran et ensuite le Pakistan. La copine de Patrick viendra lui faire ses aux revoir ici, en Turquie, pendant trois semaines, avant que nous partions en direction des frontières. Notre grand départ est donc prévu pour la fin août. Mon visa Turc devient échu le 26 juillet. Je devrai aller faire une petite virée du côté de la Bulgarie, qui possède aussi du littoral sur les rivages de la mer Noire, pour sortir du pays et y revenir pour faire faire ma vidange perso avant de pousser ma Marseillaise en Perse.
Avec tout le monde chez Endo Motors
À une trentaine de kilomètre avant d'arriver à Ankara, Patrick à fait une vilaine crevaison : pneu largement fendu par un gros morceau de métal. Heureusement, pas d'autre conséquence qu'un petit retard dans nos plans, le temps de faire touer la moto et changer le pneu en question. Comme on avait planifié de changer tous les pneus des deux bécanes avant notre départ vers l'Iran, l'incident nous a permis de faire la connaissance d'un atelier de moto hyper sympathique. On a saisi l'occasion et chausser Japonaise et Marseillaise de caoutchouc tout neuf. Ils ont même changer gratuitement mon phare défectueux, pendant que Patrick tentait d'expliqué, sans grand succès, à la charmante réceptionniste qui ne parlait que Turc, l'aventurier qu'il s'apprête à devenir.
Patrick et le Capitaine devant l'ambassade d'Iran
Patrick et moi étions un peu craintifs quant aux procédures et aux délais nécessaires pour obtenir un visa de tourisme pour l'Iran. Tous les blogs et commentaires trouvés sur le net laissaient présager de longues, fastidieuses et frustrantes démarches. Et oh! Quelle surprise! On était très content quand le préposé, tout sourire et très cordial, nous a dit de revenir dans à peine une semaine et que tout serait fin prêt. Il a même poussé la gentillesse à nous remettre à chacun un magnifique sac avec toute une panoplie de littérature, DVD et cartes sur son pays qui s'annonce extraordinaire à visiter!
Ankara, derrière Caliméro
Pour combler l'attente, Ankara se laisse découvrir lentement. C'est une ville/capitale semblable à Ottawa, sur bien des aspects. Un peu ennuyante, à prime abord, loin de l'effervescence d'Istanbul. Mais j'y ai déniché les meilleurs hammams de Turquie et je me promets d'en abuser un peu. On va passer quelques jours chez un hôte CouchSurfer, qui, j'espère, saura aussi nous en montrer d'autres facettes.


Gênez-vous pas pour m'écrire, c'est toujours agréable de savoir ce que vous devenez...ce qui vous arrive...ou pas.