11 novembre 2010

Aye aie aille!

 Il y avait l'Espagne devant moi, avec toutes ses promesses de soleil, de femmes enflammantes, d'architectures regorgeant d'histoires qu'on imagine nobles et grandioses. Barcelone était à la hauteur de la fiereté catalane. Je l'ai parcouru encore et encore, dans tous les sens, à la recherche de ces trésors cachés qu'on ne découvre qu'en s'y fondant. J'ai bien sûr fait connaissance de ses facettes les plus vedettes, sont petit côté jet set. Mais il n'y a rien comme les petites besognes quotidiennes pour entrer en contact avec la véritable personnalité d'une...ville. Fraülein avait aussi besoin d'une petite visite à la clinique, avant de poursuivre notre route. Ignacio, le tenancier français d'un petit atelier de moto, l'a bien bichonnée.
D'avoir quitté Marseille, que j'ai tant apprécié, m'a laissé comme un vide, un sentiment qui ressemble à celui qu'on éprouve après avoir quitté une femme qu'on a aimé. J'ai donc un peu erré dans Barcelone à la façon d'un amant désabusé. J'ai fini par chercher réconfort auprès de mon club select d'amis(es) de Bill. L'effet a été instantané ou presque; mon impression d'isolement a doucement disparu. J'y ai même rencontré un vieil ami dont j'avais, brièvement mais intensivement, fait la connaissance il y plusieurs années.
J'ai habité, pendant une quinzaine de jours, chez la senora Malvina. Une sympathique dame dans la soixantaine qui vit avec son fils Albertino, grand garçon gâté dans la trentaine. Leur appartement, dans une tour d'habitation chic, au cœur d'un quartier en plein développement, est situé à 200m de la plage. Mme Malvina, qui parlait très bien français, m'a donné quelques leçons d'espagnole. J'me suis donc mis en tête de parfaire mes connaissances de cette langue que j'adore, qui ressemble tellement à la nôtre finalement. Mais il y a les idiomes et Barcelone est plutôt Catalan; c'est un peu comme un français qui essaierait de comprendre un gaspésien lui expliquer comment on pêche le bigornot. J'ai commencé à lire un roman en espagnol, puis aller voir des films; la caissière du cinéma m'a gentiment fait remarquer que le film était en espagnol, quand je lui ai fait répéter deux fois ce qu'elle me disait...yes yes señorita, quiero aprender.
Après dix-huit jours de Barcelone, le temps était venu de partir à la découverte du reste de ce pays fascinant et chaleureux. Sans compter que le thermomètre du sud était très invitant. Depuis le début de mon aventure j'ai tendance à préférer les routes longeant l'océan; le paysage y est toujours d'une splendeur qui remplit mon âme de calme et de sérénité, j'ai l'impression de faire de la méditation contemplative. À cette période de l'année, les petits hameaux sont désertés par la faune touristique qui les animent en d'autres temps. 
On y retrouve les seuls habitants qui respirent enfin à un rythme plus approprié aux lieux. C'est dans un de ces petits villages, aux allures presque fantomatiques, que c'est arrivé. Le soleil était sorti, lui qui était resté caché presque toute la journée. Le village semblait presque abandonné tellement il n'y avait rien ni personne. J'admirais les petites maisons typiquement espagnoles qui bordaient la route et tout à coup PAF! cette fourgonnette, sorti de je ne sais où, m'a frappé, fort. Le temps de penser à une dizaine de conséquences (un million tellement la pensée va vite et que tout semble se passer au ralenti) et je suis étendu par terre en maudissant mon inattention. Je commence par remuer mes membres un à un; tout bouge, mais l'épaule gauche grince beaucoup beaucoup. Je finis par me relever doucement. La moto est un désastre; les valises toutes tordues, l'avant semble avoir été touché durement. La police, l'ambulance et tout le tralala... Un des policiers parle français et il me promet de s'occuper de tous mes bagages avant que je parte pour l'hôpital le plus proche situé à une trentaine de kilomètres de là.
J'ai l'occasion de pratiquer mes nouvelles notions d'espagnol à plusieurs reprises avec des infirmières ma foi très mignonnes; eh oui! même (surtout) dans les pires situations, les gars, on pense juste à ça! Comme je n'avais rien de bien grave, on m'a mis dans un taxi afin de retourner là où était resté mes bagages et ma défunte Fraülein. Quand on la regarde comme ça, ça paraît pas si pire: mais elle est sur la béquille centrale, la direction tordue dans les deux sens. Irrécupérable!
J'ai fini par passer cinq jours dans le très charmant petit village d'Ampolla, dans le delta de l'Ebre. Les gens de l'hôtel, le garagiste où la moto a été remorquée, le policier qui est motard aussi, tout le monde a été d'une gentillesse touchante pour le loco chico qui fait un grand voyage. 
Me voici donc revenu à Marseille pour faire l'acquisition d'un clone de Fraülein; impossible à faire en Espagne, mon ami Robert, le gentil policier, s'est renseigné pour moi. On verra bien si la bureaucratie française sera plus ouverte! Martina et Jean ont accepté, dès qu'ils ont su ma mésaventure, de me prêter à nouveau leur appartement marseillais, afin que je puisse faire le nécessaire. Aziyadé est d'une générosité incommensurable; j'ai pas pu accepter qu'elle me prête sa moto, alors elle m'a offert sa voiture, l'imprimante/scanner quand j'en ai besoin, un garage pour installer les accessoires que j'ai récupéré, etc... Elle m'a même mis au défi de demander quelque chose qu'elle ne pourrait trouver! Je lui ai demandé de me faire rencontrer une femme libre, qui fait de la moto et sans fard (dans l'ordre)... Elle y travaille très fort. Hasta luego

7 commentaires:

Evelyne a dit...

Wow! quelle aventure! Tu sembles garder le moral malgré tout...

Anonyme a dit...

Wow! quelle aventure! Tu sembles garder le moral malgré tout...

Lili Rose a dit...

Retour à la case Go, réclamez une nouvelle moto :P

Anonyme a dit...

Quelle histoire!!!!!!!!!!! Tu en fais des choses, que d'expériences à vivre
c'est extraordinaire mais comment ça va vraiment ? ton beau body.....
je pense souvent à toi.
je suis très heureuse de te lire

Michael a dit...

Ce n'est que du matériel, j'espère que tu te remets bien sur pieds et bientôt sur deux roues.

A+ mon ami.

J'espère que ton ami trouvera l'introuvable!!!!!

Anonyme a dit...

Comme depuis toujours,la façon de t'exprimer est captivante. Vive la glucosamine pour les raideurs.
Je suis heureux pour toi que cela ce classe et que l'ont puissent partager tes aventures, que je n'ai jamais eu l'opportunité de faire. Fait attention a toi et profite en au max! Ton cousin Christian. Chow!!

Anonyme a dit...

nice post. thanks.